L’influence des réseaux sociaux et des biais cognitifs : comment nous sommes manipulés en ligne

Les réseaux sociaux : un terrain de choix pour l’influence

Les heures passées à scroller, liker et partager des contenus sur les réseaux sociaux deviennent une routine quotidienne. Pourtant, ce que l’on ignore souvent, c’est que ces plateformes ne nous présentent pas l’information de manière objective. Grâce à des algorithmes sophistiqués, elles sélectionnent ce que nous voyons en fonction de nos préférences et de nos habitudes en ligne. Par conséquent, nous nous retrouvons fréquemment exposés à des contenus qui confortent nos opinions, au lieu de nous offrir une diversité de perspectives.

Ce phénomène est directement lié aux biais cognitifs, ces raccourcis mentaux que notre cerveau utilise pour traiter l’information rapidement, mais qui peuvent nous mener à des erreurs de jugement.

Les biais cognitifs les plus fréquents sur les réseaux sociaux

1. Le biais de confirmation : cette tendance naturelle à privilégier les informations qui confirment nos croyances et à rejeter celles qui les contredisent.

2. L’effet de cadrage : la manière dont une information est formulée peut influencer notre perception. Par exemple, un événement présenté sous un angle dramatique peut susciter des émotions fortes, tandis que la même situation, exposée sous un autre angle, peut paraître triviale.

3. Le biais d’autorité : la propension à accorder plus de crédit à une personne perçue comme une autorité, même si cette expertise est parfois illusoire.

4. L’illusion de vérité : lorsqu’une information est répétée à de nombreuses reprises, elle est souvent perçue comme étant plus fiable, même si elle est incorrecte.

5. Le biais de disponibilité : notre jugement est influencé par ce que nous voyons fréquemment, même si ces observations ne sont pas représentatives de la réalité globale.

Les algorithmes et la bulle de filtres : une vision du monde déformée

Les réseaux sociaux ne laissent rien au hasard lorsqu’il s’agit de ce que nous voyons. Leurs algorithmes de recommandation favorisent les contenus générant un maximum d’engagement (likes, partages, commentaires). En conséquence, nous sommes enfermés dans une bulle de filtres, où nous sommes exposés principalement à des opinions similaires aux nôtres.

Cela engendre plusieurs effets :

Nous avons tendance à renforcer notre certitude d’avoir raison, car nous ne rencontrons presque jamais de points de vue divergents.

Les débats en ligne deviennent de plus en plus polarisés.

Nous devenons plus vulnérables à la désinformation, car nous ne remettons pas en question les informations qui circulent dans notre propre bulle.

Les fake news : l’exploitation des biais cognitifs

De nombreux acteurs, qu’il s’agisse de politiciens, d’influenceurs ou d’entreprises, exploitent ces biais pour manipuler l’opinion publique. Voici quelques stratégies fréquemment utilisées :

– Les titres chocs et les contenus émotionnels : les fake news jouent sur nos émotions, en particulier la peur et la colère, pour capter notre attention et inciter au partage.

– Les deepfakes et la manipulation d’images : des vidéos truquées peuvent générer des informations totalement fausses, mais paraissant crédibles à première vue.

– Les bots et les trolls : des comptes automatisés ou fictifs amplifient certains discours en ligne, leur conférant ainsi une légitimité artificielle.

Comment se prémunir contre ces manipulations ?

1. Adopter un esprit critique : avant de partager une information, il est essentiel de vérifier sa provenance et sa véracité.

2. Diversifier ses sources d’information : il est crucial de ne pas se limiter à un seul média ou réseau social pour s’informer.

3. Recourir à des outils de vérification des faits tels que Factuel (https://factuel.afp.com/) ou Désinfox (https://www.liberation.fr/s.

4. Être vigilant face aux émotions : si une information suscite une émotion forte (colère, indignation, etc.), il est préférable de prendre du recul avant de réagir.

Sources

-« Le biais de confirmation dans la recherche en ligne », Journal of Social Media Studies, lien vers article.

-« Les algorithmes et l’impact sur la démocratie », Harvard Kennedy School Review, lien vers article.

-« Fake news et manipulation sur les réseaux sociaux », Le Monde, lien vers article.

-« La psychologie des fake news », Psychology Today, lien vers article.

Et vous, quel est votre avis ?

– Avez-vous déjà partagé une fake news sans le savoir ?

– Pensez-vous que les réseaux sociaux devraient renforcer la régulation des fausses informations ?

– Quelles solutions proposez-vous pour éviter d’être manipulé par ces biais cognitifs ?

Nous vous invitons à partager vos réflexions dans les commentaires.

Martin Alexia, Martin Ulysse

L2 LEA GRP 2

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